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Les Sables - Les Acores - Les Sables \ La nouvelle course en solitaire pour les Mini 6.50
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© Photo : Stéphanie Gaspari

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Les Sables - Les Acores - Les Sables
Hardy Adrien \ Brossard
Hardy Adrien \ BrossardAdrien Hardy
Né le 13 juillet 1984 à Nantes (44)
Profession : coureur professionnel

Sur les traces de son père, marin dans la marine marchande, Adrien a terminé ses études dans la Marine Marchande avant d’intégrer l’écurie Team Océan en avril 2005. Régatier de haut niveau pendant dix ans, il remporte les Championnats de France et d’Europe de 420 en 2000, puis passe sur un petit quillard pour rafler le Championnat de France de J-22 tout en pratiquant le match-racing et le Tour de France à la Voile comme navigateur. Mais le jeune skipper professionnel voulait continuer la compétition avec un projet orienté sur le solitaire et le grand large. Pour sa première course en 2004 sur un Mini, il termine sixième de la Sélect 6,50. Ayant fait l’acquisition de Karen Liquid, un prototype su plans Magnen deux fois victorieux de la Mini Transat en 1997 et 1999 aux mains de son architecte, Adrien disposait de tous les atouts pour placer son bateau aux premières places de la Transat 6.50 l’an passé : il termine cinquième. Après une première année prometteuse au sein du team, Adrien se concentre sur le parcours original Les Sables d’Olonne-Les Açores aller-retour, un bon échauffement avant la Mini Transat 2007.

ITV express
« Je suis très heureux d’être là car je suis pratiquement chez moi : j’ai fais mes premières régates en Optimist ici ! Le concept de la course est intéressant, contrairement à la Transat, on part directement vers le large puisqu’il n’y a pas de passage obligatoire. Il va donc falloir prendre une option très tôt… C’est vrai que le solitaire est une discipline à part entière. Tout commence au moment de quitter le ponton, c’est une vraie satisfaction, un soulagement presque ! Et puis, au bout de quelques jours en mer, tu ne fais plus qu’un avec le bateau, une confiance mutuelle s’établit. Chaque mouvement est perçu, tous les sens sont en éveil, 24h/24h. Enfin, il y a les coups durs, sans communication avec la terre, on se sent parfois bien seul alors il m’arrive pour me rassurer de parler à mon bateau... »

Aux Açores
« J’ai failli rentrer dans la digue ! Le vent est rentré en arrivant sur Faïal et sur la ligne d’arrivée, sous spinnaker, il a fallu faire un dernier empannage… Je suis parti en vrac ! Je suis assez fatigué : on n’a pas arrêté depuis le cap Finisterre et le rythme était hyper soutenu. Tout le temps au-dessus de dix nœuds… Douze et quatorze souvent : on a dû battre des records sur 24 heures ! C’était vraiment pas mal, surtout que je n’avais pas de radio BLU depuis l’Espagne et je n’ai appris ma position qu’en arrivant sur les Açores par Andraz Mihelin. Je suis super content, évidemment : j’étais neuvième au passage du Finisterre et là, finir devant ! J’apprends qu’Yvan Bourgnon vient ici demain mardi avec son trimaran puisqu’il tente de battre le record des 24 heures : c’est génial ! J’ai pensé à lui pendant ces derniers jours avec les conditions météo que nous avons eues. Cela m’a aussi motivé pour pousser le bateau et tenter moi aussi de faire des scores… Je faisais de chronos toutes les heures, je comptais le nombre de milles, pour avoir un objectif à court terme, pour gagner mille par mille. Cela a bien fonctionné de faire des temps tout seul. Parce que je n’avais aucune information sur la course, sur les autres concurrents, sur leurs positions… Il fallait que je me batte avec moi-même. C’est fou ce qu’on peut cogiter dans ces conditions là ! Tout le temps en train de réfléchir, de penser au classement, d’imaginer si on a gagné des places ou perdu.
J’ai eu de petits soucis techniques, comme tout le monde parce qu’il y a eu du vent fort mais rien de grave, juste lorsque ma ferrure de safran a commencé à se déboulonner alors que je marchais à 14-15 nœuds : j’ai vu que le boulon était sectionné. J’ai arrêté le bateau, j’ai pris une des quatre vis qui tient mon vérin de pilote et j’ai changé le boulon. Et je suis reparti… Le rythme était vraiment dur : je pense que je suis plus fatigué que lors des courses que j’ai faites avant. Je n’ai pas dormi la nuit dernière et en moyenne depuis l’Espagne, j’ai pris trois heures de sommeil par nuit. Je dormais plutôt en fin de nuit pour privilégier la barre de jour quand je pouvais attaquer en voyant les vagues. Au départ des Sables d’Olonne, on savait à quoi s’attendre dans le golfe de Gascogne : du près avec pas mal de vent. Mais après, on pensait avoir du portant mou et on a fait du largue serré musclé… ça a été sport ! C’est impressionnant, ces bateaux : la vitesse qu’on peut atteindre ! Je ne pensais pas qu’on pouvait aller aussi vite aussi longtemps, à 13-14 nœuds en permanence… ce sont des sensations de glisse super, le bonheur d’avaler les milles. Parfois en limite de contrôle du bateau. Il faut trouver la ligne médiane entre vitesse et maniement. Génial !
»

Aux Sables d'Olonne
« En fin de nuit, j’ai eu une petite avarie parce que j’ai touché un rondin de bois : il a touché mon safran et je me suis arrêté une petite demi-heure pour réparer avec la caisse à outils et resserrer les boulons de la ferrure. C’est assez incroyable de voir en arrivant dans le golfe de Gascogne, le nombre d’objets qui flottent en mer…
J’ai choisi de partir au Nord à mi-parcours parce que c’était mon projet initial au départ des Açores. Mais au fur et à mesure que nous progressions vers le Nord-Est proche de la route directe, les informations météorologiques fournies par la Direction de Course nous laissaient bien entendre qu’il y avait bien un flux de secteur Ouest au Nord du 45° parallèle. J’ai toujours cru qu’il fallait monter là-haut mais après la sortie de l’archipel mais ce n’était pas franchement possible sans traverser les calmes de la dorsale anticyclonique. Cela a été très dur parce que pendant deux jours, j’ai vu mon classement tomber dans les profondeurs et surtout, je concédait plus de 120 milles à David Sineau ! Alors qu’il ne restait que trois jours de navigation… Ce n’était pas facile d’y croire encore. Et à l’entrée du golfe de Gascogne, j’avais encore plus de 80 milles de retard à seulement 200 milles de l’arrivée. Je pensais que les leaders allaient tomber dans une molle en arrivant sur l’Espagne, ou qu’ils auraient du Nord Est à tirer des bords : et bien non ! Alors à ce moment, j’ai vraiment douté de moi, du fait de pouvoir rattraper autant de milles en aussi peu de temps.
Jeudi matin, en plus, le vent est tombé… C’était très dur dans la tête parce que les autres avançaient mais je n’ai jamais baissé les bras. Je pense qu’il y a trois jours, personne n’aurait parié sur moi !
Cette course est une réussite totale par rapport à l’organisation en quelques mois, par rapport à la course en elle-même avec un bon niveau sportif et un parcours très technique. Ce n’est pas plus facile que la Mini Transat, au contraire ! C’est plus intéressant au niveau météorologie : à l’aller comme au retour, on a un peu toutes les conditions possibles. Le bateau s’est toujours bien comporté et je l’en remercie… C’est ma première grande victoire en course au large et surtout cette deuxième étape, aussi intense ! La bataille sur l’eau depuis deux jours, c’est magnifique… On est allé tellement vite ces dernières heures.
»

Palmarès Mini
5e Open Demi Clé 2006
2e Mini Fastnet 2006
5e Pornichet Select 2006
5e Mini Transat 2005
8e Transgascogne 2005
49e Open Demi Clé 2005
33e Mini Fastnet 2005
2e Open Demi Clé 2004
9e Mini Fastnet 2004
6e Pornichet Select 2004

198-Brossard
Baptisé Karen Liquid, ce prototype a couru et gagné sa première Mini Transat en 1997. Exploit remarquable qu’il s’agit du bateau portant le nom de celle qui a activement et intensément participé à sa construction : Karen Leibovici, qui participa en 2004 au Vendée Globe. Dessiné, construit et skippé par Sébastien Magnen, il remporte de nouveau l’édition 1999 de la Mini Transat. Ce voilier est l’un des premiers de la nouvelle génération à avoir privilégier la puissance pour augmenter le potentiel au allures débridées.
Les Sables - Les Acores - Les Sables
Hardy Adrien \ Brossard 198 - Brossard
Proto - Magnen
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