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La dernière génération des Minis n'a rien à envier aux autres séries, au contraire : elle explore de nouvelles voies tout azimut tant au niveau gréement qu'avec les appendices ou les carènes. |
Laboratoire en réduction
Dès les premières éditions, les Minis ont permis d’explorer de nouvelles voies architecturales et de tester des nouveautés technologiques. Modifications de voiliers de série, puis construction de prototypes, les Minis ont toujours été des laboratoires d'idées.
Dès la première édition, le Polonais Kasimir Jaworski installe deux safrans à l’arrière pour améliorer le contrôle du bateau contre le vent lorsque le Mini gîte, et pour augmenter la stabilité de route au vent arrière. Il se dote aussi d’un gréement sans grand voile avec deux génois sur enrouleur, déployés comme une aile de papillon au portant grâce des tangons télescopiques.
Lors de la seconde édition, c’est un Américain, Norton Smith, qui surprend tout le monde avec un prototype révolutionnaire, American Express : une longueur à la flottaison maximale (6,50 m) pour améliorer les performances au près, une quille à bulbe pour descendre le centre de gravité, du rond de chute dans la grand voile pour augmenter la surface et surtout deux réservoirs de 280 litres chacun pour améliorer le couple de rappel aux allures de près et alléger le bateau au portant en vidant l’eau de mer. L’idée de ces ballasts liquides initiée par Eric Tabarly sur Pen Duick V n’avait jamais été reprise mais la victoire d'American Express les rendra indispensable sur les Minis, puis sur les bateaux du Vendée Globe et même sur certains voiliers de série actuels.
Formes de coques, appendices et matériaux
Au fil des ans, les Minis prennent de plus en plus de largeur pour gagner en stabilité et augmenter l'efficacité des ballasts. Puis viennent les appendices destinés à optimiser le travail de la quille ; dérives aditionnelles pour les allures de près, canard (petit safran en avant de la quille) pour augmenter la stabilité de route...
En 1985 Yves Parlier réalise un mât en carbone pour son prototype Aquitaine . En 1991 Michel Desjoyeaux donne une nouvelle impulsion en installant la première quille pendulaire, c’est à dire mobile latéralement pour déplacer le poids du lest au vent, une invention reprise ensuite sur les bateaux du Vendée Globe ! Ce solitaire reprend aussi le concept du balestron, utilisé lors de la Mini Transat 1989 sur Coup de Boule pour décaler les génois au vent, en mettant au point un bout dehors mobile latéralement afin de porter des spis asymétriques sans avoir à aller sur la plage avant lors de l’empannage.
En 1993, apparaissent les premières dérives asymétriques de chaque côté de la quille pour diminuer la surface mouillée au portant et augmenter le cap contre le vent. En 1999, les ridoirs de haubans laissent place à des ridelles en fibre de Vectran et en 2003 apparaissent les premières quilles mobiles longitudinalement… Les dernières éditions ont continué d'apporter leur lot d'innovations : safrans relevables, grand-voiles à cornes, mâts basculables... Jusqu'en 2011 où le Magnum de David Raison a donné un drôle de coup de pied dans la fourmilière en imposant sa carène atypique dans la Transat 6,50.
DBo.
mardi 30 mai 2006
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