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\ Divers
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Intérieur spartiate, vie rythmée par les heures de barre, nourriture minimaliste, sommeil en tranche, la vie du "Ministe" est pour le moins monacale... |
Vie à bord
L’eau douce est une denrée rare en mer et chaque navigateur doit embarquer impérativement un minimum de trois litres d’eau par tranche de 100 milles. L’absorption d’eau de mer en cas de pénurie est totalement déconseillée car elle provoque des troubles physiques graves, allant de l’évanouissement à la mort en quelques jours. Si l’eau vient à manquer, il faut compter sur la récolte d’eau de pluie.
Il est aussi très difficile de faire la cuisine à bord d’un si petit espace balancé par le mouvement perpétuel des vagues et du vent. Le mode de cuisson des aliments est également très limité : un réchaud soudé à une bouilloire. Les solitaires embarquent donc deux types de nourriture : des lyophilisés et des plats cuisinés sous vide (pour les gourmets impénitents), voire quelques boites de conserve ou des plats auto chauffants. En cas de gros temps, les réserves de nourriture ne sont pas de même nature que lorsqu’il fait chaud. Dans le premier cas, il faut une nourriture énergétique pour lutter contre le froid et la fatigue physique ; dans le second, une nourriture légère et beaucoup d’eau pour lutter contre la déshydratation.
Les études sur le sommeil et l’expérience des coureurs ont montré que le navigateur peut tenir plus de deux jours sans dormir, mais que la phase de récupération est importante. Sur une course de plus de cinq jours en solitaire, la gestion de la fatigue est primordiale car le skipper doit apprendre à se connaître pour appréhender les moments indispensables de sommeil. Chaque marin a son propre cycle de repos, mais une tranche de vingt minutes permet de reculer l’échéance de la fatigue et 45 minutes offrent une véritable récupération. Chaque solitaire déborde de créativité pour se fabriquer le « réveil » adéquat pour l’extirper des bras de Morphée : réveil porté en boucle d’oreille, klaxons de voiture, sirènes … Pour dormir, l’endroit de prédilection reste le spi à l’intérieur, mais quand le « carré » ressemble trop à Verdun, la valeur refuge est dehors, sous la casquette du rouf. Pas de couette, ni de duvet, mais une veste de quart au col remonté en guise d’oreiller. Spartiate …
Hors repos (4 à 6 heures) et alimentation (1 à 2 heures), le reste de la journée est entièrement consacré à la marche du bateau (barre, manœuvres et analyse météo). Alors que sur les 60 pieds du Vendée Globe, la vie à bord se passe essentiellement à l’intérieur, les solitaires en Mini passent le plus clair de leur temps à la barre et à la manœuvre : jusqu’à 18 heures par jour ! Chacun bricole des sièges amovibles fixés sur le pont à l’aide de mousquetons afin d’éviter les escarres et les crampes douloureuses. Le siège de jardin en plastique aux pieds coupés est largement plébiscité. Pour la manœuvre, le skipper équipé d’un harnais de sécurité qui le rattache à son bateau en cas de chute à la mer, laisse alors son pilote automatique prendre le relais pour garder le cap.
Chaque skipper consacre environ une heure par jour à la navigation et à l’analyse des infos météo qu’il reçoit grâce aux bulletins de l’organisation et de Radio France International. En cas de mauvaise réception radio, le skipper ne peut plus compter que sur son sens marin pour anticiper l’évolution des conditions météo car la jauge Mini limite à dessein le matériel électronique de bord.
DBo.
dimanche 23 avril 2006
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