Vivre une belle aventure
Le garçon est discret mais régulier, souvent dans les bons coups, comme l'a prouvé son début de course. Mais, cette fois, Vincent Barnaud, skipper de SGTS.fr, fait partie de ceux qui se sont fait prendre dans la nasse de l'anticyclone des Açores. Pas de quoi lui saper définitivement le moral : Vincent apprend et reste zen.
Pas trop démoralisé par la situation, Vincent ?
Je ne me suis jamais dit que j'arriverai 2ème aux Sables [son classement avant que l'anticyclone ne l'avale, NDLR] mais j'aimerais ne pas arriver dernier quand même ! En partant, j'avais pour objectif d'être dans les 10, de vivre une belle aventure et d'apprendre sur moi et le bateau. J'avais tout à apprendre sur moi, la météo, etc.
Et alors ?
Ca va ! J'ai un moral assez linéaire et stable. Et puis ce sont des courses en solitaire avec des copains autour. On rigole bien par VHF ! C'est clair que sans eux, ce ne serait pas pareil.
Peux-tu nous raconter un peu ta stratégie ?
Je n'ai pas voulu aller au nord au début et on s'est vite retrouvé en tête avec Thomas Bonnier, car beaucoup de coureurs ont grimpé. On a été assez conservateurs. On a fait beaucoup de scénarios, au nord, au sud, etc. On pensait ne pas prendre de risques et c'est nous qui, finalement, en avons pris le plus... A chaque fois on se dit que le pire est passé et à chaque fois le pire revient !
Vous discutez pas mal à la VHF avec Thomas...
On ne se connaissait pas jusque là : aux Sables nos bateaux étaient l'un à côté de l'autre et on se parlait à peine. On s'est déjà pas mal fréquenté sur la première étape et on se retrouve là. On partage la même vision, et puis, il va vite, c'est une bonne référence pour moi. Cette course, comme la Transat est une belle aventure humaine : on cogite et on partage beaucoup.
Comment vois-tu la suite ?
Parfois je me dis que les 4-5 premiers ne sont pas rattrapables mais que les autres sont loin d'être intouchables et qu'il y aura un nouveau départ à la sortie des hautes pressions. Et parfois, je me dis qu'on est les plus près du centre de l'anticyclone et qu'on va finir dans les derniers avec 50 milles de retard...
OK, Vincent, bon courage pour la suite !
Merci ! Je voudrais juste préciser que je pense beaucoup à ma petite famille, Delphine et Elouan...
Propos recueillis par PYL à bord de 40 000 Sabords le 21/08/2006 par 41° 50 N et 18° 54 W à 17.00 TU. (c) 40 000 Sabords Prod. Inc. 2006
Pierre-Yves Lautrou
mercredi 23 août 2006
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