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Du près débridé pour toute cette journée de mardi. |
Swing dans le golfe
Après deux nuits de mer, la flotte des soixante-trois solitaires a passé sans trop d’encombres le petit coup de vent qui a balayé le golfe de Gascogne la nuit dernière avec vingt-cinq nœuds de vent et des grains. Le Slovène Andraz Mihelin emmène les prototypes et Hervé Piveteau, les voiliers de série.
Dure nuit pour les solitaires ! Le vent est monté progressivement dans la nuit de lundi à mardi avec une apogée avant minuit lorsque le front froid est passé générant une mer forte (jusqu’à quatre mètres de creux) et surtout très chaotique et des vents irréguliers sous les grains. Mais au final, les conditions sont restées toujours maniables puisque les six abandons constatés (Pierre-Yves Lautrou, Didier Le Vourc’h, Marine Chombart de Lauwe, Stéphane Le Diraison, Pierre Brasseur et Daniel Vodicka) ont eu lieu avant le plus fort du vent.
Ces quelques heures de navigation difficile, sous la pluie, les rafales, les vagues et par une nuit noire avec une lune en petit croissant, devraient être les seules de cette première étape entre Les Sables et les Açores. En effet, le vent actuellement d’une quinzaine de nœuds mais sur une mer encore formée, est orienté à l’Ouest Nord Ouest et cette situation devrait durer toute la journée de mardi avec une tendance à mollir en se rapprochant de la péninsule ibérique. De fait, les solitaires naviguent au près océanique entre 6,5 et 7 nœuds de vitesse, cap au Sud Ouest, en route directe vers les Açores.
Deux solitaires au Sud
En fait, l’option prise par l’Américain Clay Burkhalter (Acadia) et Isabelle Joschke (Degrémont) en partant en premier sur une route Nord, n’a pas été aussi payante que prévue car les leaders sont ce mardi matin, ceux qui ont attendus un peu avant de se recaler au centre du golfe de Gascogne. La flotte s’est ainsi regroupée sur une route similaire ces dernières heures, les skippers choisissant de plus ou moins ouvrir les voiles après le passage du front. Se retrouvent ainsi en tête le Slovène Andraz Mihelin (Adria Mobil Too) et le Belge Peter Laureyssens (Ecover) suivi par Olivier Cusin (NégaWatt), David Sineau (Bretagne Lapins) et Isabelle Joschke. Chez les voiliers de série, Hervé Piveteau (Jules) tire bien son épingle du jeu grâce à sa route Nord, avec Sébastien Marsset (Raisonances) et Thomas Bonnier (Architecture élémentaire), plus au centre.
Mais le danger pourrait bien venir de l’option prise par les deux Vidal, Jean-Marie en prototype (Jason) et Romain sur son Dingo (Bingo), qui ont rompu le contact avec la flotte lundi en milieu d’après-midi quand le vent est monté au secteur Ouest à Sud Ouest. En plongeant vers les côtes espagnoles, les deux Méditerranéens ont moins souffert et ont touché la bascule seulement quelques heures plus tard que les leaders. A soixante milles plus au Sud que les premiers au classement, ils font eux aussi route directe vers l’archipel à la même vitesse.
C’est donc dans 24 heures que le bilan pourra être tiré car le vent va sensiblement mollir au large de La Corogne la nuit prochaine avant de retrouver du souffle à l’Ouest du 10° W, au large du cap Finisterre. Faudra-t-il rester près des côtes ibériques ou se maintenir au large à plus de cinquante milles des falaises espagnoles ? Il y aura de toutes façons une zone de transition à franchir, une phase bien venue pour faire une petite pause après cette dernière nuit agitée et avant le grand bord de travers avec du vent de secteur Nord 15-20 nœuds au large de l’Espagne.
Cette journée de mardi va logiquement mettre en valeur les voiliers puissants chez les prototypes et les skippers qui ne lâcheront pas la barre pour profiter au maximum des vagues. Mais c’est aussi l’occasion de recharger les « batteries » en bénéficiant de conditions météo relativement stables pour dormir, manger et réfléchir à l’option à prendre avant de passer l’Espagne.
DBo.
mardi 1 août 2006
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